December 12, 2008
Bide FM
Comme me le disait le gastro-entéro du l'hôpital, un calcul, c'est une bombe à retardement. Il peut vous péter à la gueule - ou plutôt dans le bide - n'importe quand, sans prévenir. Alors bien sûr, depuis que je suis sorti, je suis branché en permanence sur Radio Bedon. La moindre flatulence, le moindre borborygme me placent en alerte rouge. Ce matin, j'ai pu constater que mes selles avaient repris une belle couleur mordorée et je m'en suis réjoui. On a des joies simples quand on a été malade!
Ce qui vient de m'arriver m'a remis les idées en place (mais pour combien de temps ?). Tandis que j'étais là, à me lamenter sur mon sort alors que la situation n'avait rien de particulièrement douloureux, ou angoissant, à faire ma chochotte (comme aurait pu dire Christian) j'ai pensé à mes potes qui ont passé des mois à l'hosto (Francis, Richard, Michèle…), à ceux qui y ont fini leurs jours (Bernard, Yves, Jean-Luc…), à ceux auxquels j'ai rendu visite quand j'étais volontaire d'Aides à l'hôpital Bichât, à mes ami(e)s qui ont été atteints de maladies sérieuses (la liste est longue), et je me suis dit que je suis parfois un peu couille molle. Mais bon, qui peut se targuer d'être admirable sur un lit d'hôpital, pris en charge par des gens qui n'ont pas toujours le temps ou la volonté de personnaliser leurs soins en lui souriant ? Il n'y a que dans les films qu'on voit ça, le héros américain qui s'adresse au docteur avec un sourire viril et complice à la fois pour lui dire : "Allez-y, toubib, amputez-moi cette jambe avec une lime à ongle, pas besoin d'anesthésie, je vais mordre ma ceinture !"
Un de mes amis s'étonne que je puisse encore apprécier la séduction du médecin des urgences alors que j'y suis en tant que client. Mais mon bon Bruno, c'est une réaction spontanée, une seconde nature : quand on aime les mecs, on les aime jusqu'au dernier moment ! S'il nous reste un brin de conscience après la mort, moi, je m'imagine très bien m'adressant muettement à un jeune croque-mort particulièrement sexy pour lui dire : "Non, sois sympa, ne referme pas encore le cercueil, fais-moi voir tes pecs !"
Franchement, un infirmier qui ressemblerait à ce mec-là, vous ne le remarqueriez pas, vous, même à l'article de la mort ? Non ? Vous êtes sûr d'être homo ?
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie

Laisser un commentaire