December 16, 2007

Canot-cabana

Hier, je suis allé à la plage à Boucan-Canot. C'est la plus belle plage de l'île, qui en compte peu. Pour une raison que j'ignore (je ne puis croire qu'il s'agisse de ma présence!), les plus beaux garçons s'y retrouvent, notamment le dimanche. Ce n'est pas une impression. Aucune autre plage de l'île - j'ai vérifié - n'offre une telle abondance de jeunes hommes athlétiques. Mon ami Jan-Eric, qui vient de s'installer partiellement à la Réunion, compare cette plage à celles de Rio. Boucan-Canot est certes plus modeste en longueur que Copacabana ou Ipanema ou Leblon, mais on y rencontre la même concentration de superbes garçons - même si les Brésiliens, à mon goût, bénéficient d'un atout supplémentaire: la sensualité. A Boucan-Canot, on trouve un nombre anormalement élevé de beaux garçons de vingt à vingt-cinq ans d'une beauté confondante. Ici, les téléscopages raciaux ont produit de merveilleux accidents avec des yeux d'une couleur admirable. Bien entendu, ces garçons savent qu'ils sont beaux, ils en jouissent, mais avec suffisamment de retenue pour que cela reste terriblement excitant. Un bel hétéro peut savoir qu'il est beau, il ne percevra jamais, et pour cause, à quel point il est bandant.

Il y a trois ou quatre ans, le Comité de Tourisme de la Réunion m'avait contacté pour  rédiger une brochure à l'intention des gays de métropole afin de les convaincre de venir passer leurs vacances à la Réunion. J'ai d'abord dit oui, puis non. Je ne suis pas le plus grand gay friendly de la planète, mais je ne suis pas homophobe au point d'attirer des homosexuels sur une île où ils n'ont rien à faire pour ce qui concerne leur sexualité: pas de boite, pas de bar, pas de sauna, juste deux ou trois lieux de drague biensordides et quelques guest-houses tenues par des gays. So far away from Ibiza !

Cette campagne dérange beaucoup dans une île où l'homosexualité, sans être une tare, demeure un tabou. Moi, elle me dérange, parce que j'ai l'impression qu'on essaie de me vendre n'importe quoi sous prétexte que je suis homo. Je devrais applaudir et dire merci qu'on veuille bien me considérer comme une cible commerciale digne d'intérêt? Pourquoi ne pas chercher aussi à me vendre une machine à laver Y ou une voiture Z sous prétexte que j'aime les garçons? Désolé, je ne vois pas le rapport, sinon que l'hypothétique marché gay continue à faire rêver quelques naïfs ou quelques publicitaires incompétents!

On en reparlera.

Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie, Ma vie par

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