April 24, 2008

Compte à rebours

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    Dans quelques heures, je quitterai Paris pour regagner mon île. Je ne peux pas dire que ce soit ce détail qui me navre. Je ne suis plus qu'un passant, un invité à Paris, pas même un touriste, et très vite je tourne en rond, je m'ennuie, il m'arrive même parfois de m'inquiéter à l'idée de n'avoir rien à faire pendant quelques heures, comme si, ici, j'étaisi ncapable de lire ou d'écrire.

    Ce qui me navre et ce que j'appréhende, c'est bien entendu le retour vers une réalité dramatique. Rien n'a véritablement changé durant ce jour, et à la réflexion, je ne vois pas pourquoi cela se serait produit. Bien sûr, la séance de signature, pour commencer, aurait pu être plus réussie. Mais bon, après tout, j'ai reçu quantité de compliments et d'hommages écrits pendant ces quelques jours qui peuvent avantageusement me faire oublier ce semi-échec. Mon éditeur m'a écrit hier pour me dire qu'un éditeur allemand venait de signer pour un autre de mes livres et Dolko 2 est déjà placé dans la liste des meilleures ventes sur Adventice. Même si cela ne change rien à ma situation financière, on peut y trouver nature à se réconforter.

    Mes rencontres sensuelles n'ont pas toutes été satisfaisantes mais quand on y réfléchit, quand on songe à l'âge que j'ai et aux marques que le temps laisse de plus en plus nettement sur mon corps et mon visage, je ne peux que me flatter de certaines de mes conquêtes. J'ai revu hier ce splendide garçon avec lequel j'ai passé quelques trop brèves minutes. Mes visites au sauna se sont terminées hier sur une bonne note, un jeune mec viril et musclé comme je les aime, et nettement plus motivé que certains de ses prédécesseurs.

    Au fond, si j'y pense calmement, sérieusement, je dois avouer qu'être confronté à une situation dramatique, pratiquement sans solution autre qu'inattendue, voire miraculeuse, ne me dérange que dans la mesure où toute fin est violente. Ce qui suit la fin, c'est-à-dire rien, ne me désole pas. J'aspire souvent à ce grand vide que je perçois comme un grand repos (bon Dieu, pourvu que ces histoires de religions soient du pipeau !). C'est juste le moment avant le repos qui me pose un problème.

    Il sera temps d'y faire face au moment voulu. Et souvenons-nous toujours de la dernière phrase des Mémoires d'Hadrien : "Tachons d'entrer dans la mort les yeux ouverts."

    J'ai eu du mal, aujourd'hui, à trouver un garçon qui me paraissait convenir au ton gris de cette chronique. Celui-ci, comparé à d'autres beaux garçons, paraît presque modeste, réservé, retenu. Et puis, les arbres derrière me font penser à un film formidable que j'ai vu ici : Les citronniers. Je ne saurais trop vous le recommander.

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