June 15, 2009

De l'importance d'avoir de la chance

feb04-05Je fais voeu de silence comme d'autres d'arrêter de fumer : une fois tous les quinze jours, et avec le même insuccès - ou plutôt, la même impuissance. Cette fois, j'étais bien décidé à me taire. Et puis hier soir, juste avant d'aller me coucher, j'ai consulté mes mails et il y en avait un, envoyé par un lecteur de Dolko et de ce site - il y en a qui ne se privent de rien ! Il y disait des choses simples mais roboratives. Je suis allé me coucher l'esprit un peu plus léger. A tel point que, pour la première fois depuis plusieurs jours, je n'ai pas pris de somnifère pour trouver un sommeil réparateur.

Je crois à la chance. J'aime la chance. Je trouve absurde les gens qui en ont et qui  ne veulent pas le reconnaître. Il est facile de deviner pourquoi : soit ils veulent tirer tout le mérite de leur réussite, soit ils ont peur d'avoir à payer la note pour leur bonne fortune. Il paraît que Napoléon, quand il s'agissait de nommer un général, disait : "Je sais qu'il a du talent, mais a-t-il de la chance ?" C'est très beau, la chance. C'est comme un ange qui s'arrête un instant au-dessus de votre tête et vous désigne en disant : "Celui-ci !" Je me souviens d'avoir rencontré un jour une femme qui avait gagné 40 millions de francs au Loto. Elle prétendait que c'était grâce à un pendule. Je lui ai demandé ce qu'avait foutu son pendule pendant les dix années où elle avait joué en  vain, et ce qu'il foutait depuis qu'elle avait gagné, mais elle s'accrochait à cette idée. Stupidement. Comme les gens qui vous disent, quand la chance leur sourit : "Oh, mais je l'ai mérité, vous savez !" Non, ils ne l'ont pas plus mérité que ceux sur qui le malheur s'abat ont mérité leur infortune. Ils ont eu de la chance et ils devraient s'en réjouir.

Moi, je n'ai jamais eu de chance. Pas de malchance non plus, ce que les gagne-petit considèrent comme de la chance. Pas moi. Oh, bien sûr, il y a eu des moments où une certaine bonne fortune m'a souri. Par exemple, quand j'ai gagné 20 briques au Jéopardy (mai bon, j'avais répondu aux questions). Ou quand Grasset m'a téléphoné pour accepter mon premier roman  (mais bon, je l'avais quand même écrit). Ou quand certains mecs m'ont fait signe d'entrer dans leur cabine au sauna (mais bon, je les avais suppliés à genoux en agitant des billets). Ce n'était pas vraiment de la chance (sauf peut-être au sauna), mais je me suis senti, à ce moment-là, légèrement favorisé par le destin. Dieu que c'est agréable !

Hier soir, cle message de ce lecteur inconnu, je l'ai ressenti comme un léger signe de chance. Mais bon, soyons honnête, ça ne vaut pas 5 numéros plus le numéro de la chance au Loto, quand même ! Sans rancune, cher lecteur ! Et encore merci.

S'il y en a parmi vous qui considèrent que le fait que je reprenne mes chroniques ne représent pas vraiment pour eux un coup de chance, je tiens à leur dire que… Oh, et puis tiens, je préfère me taire! Jusqu'à demain.

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