July 1, 2009

De l'importance de la pornographie

jhfghPlusieurs lecteurs fidèles de ce blog m'ont prié instamment de leur envoyer quelques-uns de mes écrits pornographiques inédits. Je l'ai fait (je tiens leurs noms à la disposition de la police). Certains m'ont écrit pour me dire qu'ils avaient aimé ceci, moins cela, que telle péripétie correspondait à leurs fantasmes, telle autre non. Mais ces honorables correspondants semblent ignorer, ou vouloir ignorer, que la pornographie ne se résume pas à une satisfaction de nos fantasmes. Ce n'est là que l'un de ses rôles, le plus évident. Mais il en est un autre, à mon sens plus intéressant, qui consiste à éveiller en nous et à nous faire découvrir de nouveaux fantasmes. Or la découverte d'un fantasme commence toujours par un rejet. On voit une image, on devine un acte et on dit : oh non, pas ça ! Mais l'image s'incruste. Elle continue à provoquer un rejet. Mais ce rejet perd de sa véhémence. On y trouve, çà et là, des éléments qui nous titillent. Jusqu'au moment où l'on se rend compte que nous abritions ce fantasme - ou un contexte favorable à un tel fantasme - bien avant d'y être confronté. C'est pour moi le rôle essentiel de la pornographie : nous conduire, pas à pas, vers une plus grande lucidité et une plus grande sincérité par rapport à nos désirs réels. Nous ne naissons pas avec quelques fantasmes dûment répertoriés. Certains naissent spontanément, au fil des années. Certains des miens se sont éveillés tardivement, il y a moins de dix ans. Pour certains, j'ai dû faire un effort avant d'accepter d'admettre que je les abritais en moi. Quelques-uns me dérangent encore. Mais je ne peux me détourner de la fascination qu'ils exercent sur moi, presque malgré moi.

C'est pourquoi je détesterai toujours les culs serrés, parmi lesquels je range des gens bien au-delà des Boutin, De Villiers ou compagnie. Quantité de gays, et souvent parmi eux des mecs qui se croient très ouverts à toute expérience, qui se font passer pour des professionnels de l'homosexualité, font souvent preuve, en matière de sexualité, et particulièrement de pornographie, d'une pudeur qui relève plus de la peur que de la morale. Normal que la sexualité fasse peur. C'est justement le rôle de la pornographie de nous confronter à cette peur et de nous inciter à la dépasser. En cela, la pornographie nous rend, sinon meilleurs, en tout cas plus vrais, plus honnêtes, plus humains.

La preuve : regardez Boutin et De Villiers, et dîtes-moi ce que ces gens ont d'humain… Ce ne sont que de pitoyables censeurs qui ont empli leur âme d'un supposé amour de Dieu, de règles morales strictes, d'une philosophie basée sur l'amour du prochain (au nom de quoi ils brûlent ceux qui ne pensent pas comme eux) afin de dissimuler en dessous toute la lie dont, comme nous, ils sont  faits. Ils gardent le bouchon bien fermé, la bouteille bien close, c'est pourquoi, quand ils l'ouvrent, ça sent si mauvais.

Evidemment, je ne pouvais illustrer ce post simplement avec l'image d'un beau garçon en maillot de bain. Je trouve cette photo à la fois obscène et d'une innocence radieuse.

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