January 11, 2009
Déraillements !
Hier soir, j'ai regardé un film que j'avais refusé d'aller voir en salle, car le sujet me paraissait douteux : Train de vie, d'un réalisateur avec un nom roumain impossible (il a réalisé un autre film : Vas, vis et deviens, qui contient aussi des scènes ambiguës). Train de vie raconte l'histoire des habitants d'un shtetl (petit village juif d'Europe centrale) qui s'autodéporte pour échapper aux Allemands. L'idée peut paraître loufoque et originale, moi, elle me paraît vraiment dérangeante. Franchement, la shoah est-elle devenue un sujet ennuyeux et barbant au point de devoir être traité d'une manière irréaliste ? Jean Ferrat, parlant de Nuit et Brouillard, chantait : "Je twisterai les mots s'il fallait les twister/Pour qu'un jour nos enfants sachent qui vous étiez…"
Je ne suis pas d'accord. La vérité ne s'accommode pas au goût du jour pour la rendre plus digestible aux estomacs modernes. D'abord, ce genre de vérité n'est jamais digeste. Et justement, le but, c'est de le rester, indigeste. De rendre malade. De causer un malaise profond.
Je reçois un message par Facebook d'un (beau) garçon que je ne connais pas, mais qui s'autorise d'une relation commune pour me demander de signer une pétition afin de mettre un terme aux crimes de Gaza. Bien entendu, il veut dire par là : les crimes commis par les Israéliens. Les bombardements du sud d'Israel par des roquettes tirées depuis Gaza, les rampes de lancement dissimulées dans des écoles ou des quartiers résidentiels, tout cela ne le choque pas. Je crois que je vais attendre qu'il rappe sa pétition avant d'envisager de la signer.
Une amie israélienne m'envoie un article écrit par une de ses amies, qui charge lourdement les autorités de son pays pour ce qui se passe à Gaza. D'ordinaire, je suis d'accord avec Hanna et il m'arrive rarement de soutenir le gouvernement israélien. Mais là, franchement, le didactisme n'a pas sa place. Le Hamas est au moins aussi responsable qu'Israël de ce qui se passe dans la zone. De plus, je ne sache pas que, du côté palestinien, nombre d'intellectuels manifestent leur hostilité à leur propre gouvernement (en tout cas à celui du Hamas). Ce doit être parce qu'à Gaza, on est encore très loin d'une démocratie.
Bien entendu, tout cela ne disculpe pas Israël de son innaceptable politique quotidienne envers le peuple palestinien, notamment le blocus.
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie

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