January 27, 2009

Deux films ? Non, un seul !

Hier, j'ai regardé deux films sur Canal. Mais au bout du compte, je n'en ai vu qu'un.

Le premier était un film français, "Un baiser s'il vous plaît", de et avec Emmanuel Mouret, que je ne connaissais ni comme réalisateur, ni comme acteur, et j'aurais dû continuer à l'ignorer. C'est typiquement le film français que mon amie Hannah, l'Israélienne, vomit, et je comprends pourquoi. Un film horriblement bavard, verbeux, même. Ecrit par un pseudo-cinéaste complaisant qui croit que cela fait chic de parler dans la vie comme dans un livre. Le film met en scène des gens qui n'existent pas, qui ne font rien, qui vivent dans des appartements anonymes, presque invisibles, et qui parlent, parlent, parlent de choses sans intérêt, virtuelles, anémiées. Comme il y a au générique des acteurs que l'on aime bien (Viriginie Ledoyen, Julie Gayet, Michaël Cohen), j'imagine que le réalisateur n'a pas eu trop de mal à trouver un  producteur et un distributeur, mais franchement, quand on pense aux difficultés que rencontrent des tonnes de cinéastes doués, c'est limite scandaleux. On se demande pourquoi un metteur en scène déteste à ce point le cinéma et les spectateurs. Que lui avons-nous fait pour qu'il nous impose une telle daube ?

Un peu plus tard, toujours sur Canal, j'ai regardé un film allemand, "Vier Minuten". L'histoire d'une vieille prof de musique, ancienne sympathisante nazie bien que lesbienne, qui tente de sortir de sa prison (au propre comme au figuré) une jeune fille exceptionnellement douée pour le piano en la faisant participer à un concours. On anticipe la fin : elle gagne le concours devant un public éberlué et fanatique après avoir joué Schumann à faire pleurer Rubinstein. Mais non, là, on a à faire à un réalisateur, un vrai, alors il nous surprend jusqu'au dernier moment. A la fin, quand on songe à "la faute d'Emmanuel Mouret", on a un peu honte.

La France doit produire au moins cinq ou dix fois plus de films que l'Allemagne. A part "De battre mon coeur s'est arrêté", je vois peu d'oeuvres françaises capables de rivaliser avec ce "Vier Minuten", ou encore avec ce chef d'oeuvre, "La vie des autres".

Et quand on pense que le jury des César n'a même pas retenu "Bienvenue chez les Ch'tis" pour le César du meilleur film ! Mais où va-t-on ?

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