September 1, 2010

Dieu, mais que Marianne était Joly…

confortableParmi les rares choses qui me rendent fier, non d'être français, mais d'habiter la France, il y a cette capacité de notre pays à intégrer en son sein des étrangers enthousiastes sur nos valeurs nationales supposées, au point de les défendre, souvent mieux que nous, contre les dérives et les vices de forme. Eva Joly est de ces étrangers-là. Je l'écoutais hier au Grand Journal expliquer sereinement, avec son lourd accent et son français impeccable (je connais un homme tout petit tout en haut de l'Etat qui ferait bien de prendre exemple), qu'elle envisageait clairement de se présenter aux prochaines élections présidentielles. Je me disais que son irruption au sommet de l'Etat ferait un bien fou à la morale politique dans ce pays. Mais je me suis demandé tout aussitôt combien de temps s'écoulerait avant que ceux qui l'auraient élue - et dont je serais - commencent à la trouver pesante. C'est le problème avec la vertu : elle est attirante, mais sa pratique devient vite fastidieuse. Elle représente une lutte constante, de chaque instant, qui fait appel à ce qu'il y a de meilleur en nous, mais aussi ce qu'il y a de plus dur à aller chercher. De temps à autre, puis de plus en plus souvent, on a envie de dire : Pouce! C'est bien d'exiger l'honnêteté, la franchise, le courage, l'impartialité, etc., mais bon, on pourrait peut-être faire une pause… Je pense qu'avec Eva Joly,  il n'y aura pas de récréation. Il faudra être vertueux tout le temps. Et ça, je ne suis pas convaincu que nous en soyons capables, à commencer par moi.

L'idéal serait d'élire Dany Cohn Bendit, ce jouisseur hilare, à la Présidence, et Eva à Matignon. Mais combien de temps durerait leur alliance ? A peu près aussi longtemps que notre détermination à assainir la vie politique.

Je crains qu'Eva ne soit trop Joly pour nous…


Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par

Lien permanent Commenter

Commentaires sur Dieu, mais que Marianne était Joly… »

September 4, 2010

christophe @ 1:39 pm

Je me demande, au regard de ce que je sais d'Eva, si "l'ivresse du pouvoir' chabrolienne ne la caractérisait pas elle, davantage que les pantins ridicules qu'elle sadisait dans son petit bureau…

La vertu à la sauce Joly m'apparait tellement cadenassée de certitudes et de raideurs que je ne suis pas sûr, pas sûr du tout, qu'elle ne relève que d'une extrême rigueur morale. C'est toujours suspect, ces gens si sûrs d'eux et de leur bon droit, quel que soit le sujet abordé et qui, lorsque par accident intervient un contradicteur, sort de son tiroir, au choix, un code de procédure, une paire de menottes ou une règle en fer…

Laisser un commentaire