December 10, 2009
Le Cercle tourne en rond
Je suis un inconditionnel de l'émission Le Cercle sur Canal. Non pour y puiser des idées de films à voir. Mais juste pour entendre les critiques en parler.
Il y en a une que j'aime bien, une petite moche boulotte avec des lunettes qui travaille au Parisien, je crois. Elle est la seule sur le plateau à aimer le cinéma. Les autres sont des fanatiques du septième art. Il y a entre eux la même différence qu'entre quelqu'un qui aime la musique et un mélomane.
Il y a par exemple Axelle Ropert. C'est une brunette qui pourrait être assez jolie si son visage ne trahissait la persistance de brûlures d'estomac. Cette jeune femme a vécu un véritable drame il y a quelques années : en projection de presse d'un film de Claude Zidi, elle a éclaté spontanément de rire. Elle ne se l'est jamais pardonné. Depuis, elle expie. En se privant de Gaviscon ou de Maalox pour ses brûlures. Et en s'enthousiasmant pour les films les plus chiants qu'on ait jamais réalisés. D'ailleurs, ils ne sont jamais assez chiants pour elle. En secret, elle rêve du film ultime, un long métrage de 3 heures 17 qui s'intitulerait "La goutte" et qui montrerait en temps réel la formation d'une goutte d'eau à l'orifice d'un robinet jusqu'à sa chute dans le lavabo. Un film sans trucage ni ralenti, sans dialogue ni musique. Signé, si possible, par un réalisateur kirghize ou burkinabé.
Il y a aussi François Bégaudeau. Lui, déjà, je le déteste pour deux raisons : il écrit avec succès et il est joli garçon. Bien entendu, il sait qu'il est séduisant, mais il n'hésiterait pas à vous taper sur la gueule si vous aviez l'indécence de le lui faire remarquer. Son physique avenant l'indiffère. Même si, depuis qu'il a tourné dans "Entre les murs", il a acquis un sens aigu du placement, du bon angle, du meilleur profil, de l'expression idéale, du phrasé parfait. Comme il est intelligent, lui, il n'est jamais où on l'attend. Il peut descendre en flammes un film d'Oliveira ou de Jarmusch (hyperacidité chez Axelle) et s'extasier sur un film de… (mettre ici le réalisateur qui vous débecte le plus). Mais souvent, sa fougue dépasse ses intentions et il vous décortique un plan de dix-sept secondes comme s'il durait onze minutes et demi. Il embraye sur Axelle et s'enthousiasme pour un Haneke, ou pour le fim dont je vous parlais hier. Parfois aussi, il exulte pour un film que j'ai aimé. Je crois que c'est ça, au fond, que je lui reproche le plus : être parfois d'accord avec moi.
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie
Commentaires sur Le Cercle tourne en rond »
Et les films de Godard avec notre pauvre Johnny H.vous les mettez dans quelle categorie:hilarant,desesperant,reellement chiant ou simplement ridicule.je ne voudrez pas paraitre pessimiste mais vous devriez peut-etre commencer a nous paufiner la necrologie.