January 26, 2012
Leconte n'est pas bon
Je n'ai jamais aimé Henri Leconte. Il symbolise pour moi, avec Poulidor et Candeloro, le sportif français qui est bon dans sa discipline mais qu'une répartition assez chiche des neurones empêche à jamais de devenir un vrai champion. D'ailleurs, Leconte n'a jamais gagné un titre prestigieux, pas plus que Poulidor n'a porté le maillot jaune. Le public ne s'y trompe pas qui, pour montrer son affection vaguement condescendante, les appelle Riton ou Poupou. On les aime bien, mais on ne les respecte pas vraiment. On sent que pour un peu, on aurait pu être eux. Lequel d'entre vous, jouant au tennis, a jamais pensé qu'il lui a manqué presque rien pour être Nadal ou Federer ?
Pour une raison qui m'échappe, les médias aiment bien Leconte. On le voit souvent dans des talk shows où il n'a rien à dire, surtout rien de bien brillant, mais comme il est sympa, assez grande gueule - comme les gens qui réfléchissent très peu, surtout avant de parler - on continue de l'inviter. J'ai même cru comprendre qu'il participait à une espèce de téléréalité où il réconcilie des gens fâchés. On a les médiateurs qu'on peut…
En ce moment, c'est l'Open d'Australie de tennis et, chaque soir, Leconte est la vedette d'une émission intitulée "Avantage Leconte", au cours de laquelle il est censé nous éclairer sur les matches du jour, disséquant le jeu et la stratégie des champions, nous faisant toucher du doigt ce que nous ne pouvons pas comprendre, nous autres béotiens, mais qui lui est, pour lui, clair comme de l'eau de roche. Sauf que, en l'écoutant, on se dit qu'on aurait pu raconter la même chose. Ses interventions sont composées à 80% de banalités universelles sur le tennis et à 20% d'opinions diverses récoltées autour de lui en tendant l'oreille autour des courts. D'ailleurs, pour donner un semblant d'intérêt à l'émission, on invite aussi Patrick Moratoglou, coach réputé, qui parle assez bien, mais sans flamme particulière, de ce qu'il connaît bien.
Je ne suis pas convaincu que les anciens champions fassent de bons commentateurs sportifs. Ceux qui ont un peu raté leur carrière sont souvent meilleurs. La preuve, j'apprécie Arnaud Boetsch, Arnaud di Pasquale, Lionel Roux ou Emilie Loit, qui n'ont pas fait des carrières fracassantes. Une seule exception : Amélie Mauresmo. Mais alors Grosjean ou Pioline, bonjour l'ennui, ils ont des voix idéales pour la presse écrite ! Forget serait un poil moins mauvais s'il n'était autant aveuglément partisan des joueurs français.
De toute façon, Vamos Rafa !
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie
Laisser un commentaire