January 26, 2009

Mes Landes dévastées…

Ma mère était landaise, elle était née à Morcenx. Autant dire que les Landes, c'est autant mon pays que le Bordelais. Je me sens même davantage côté Pins que côté Vignes. Enfant, j'ai passé de nombreuses vacances dans la famille de ma mère, mais aussi autour du Bassin d'Arcachon, la partie nord des Landes. Ma sensualité s'est épanouie au milieu des senteurs de résine, entre les genêts, les fougères et les arbousiers. La plupart de mes récits érotiques se déroulent au milieu de la forêt landaise ou girondine. Voir un pin déclenche en moi des fantasmes torrides, et pas seulement parce que ce sont de beaux arbres droits, raides comme une érection. Non, c'est plus subtil que ça, croyez-moi, même si certains auront du mal à croire que je peux l'être, subtil. Ma mémoire est pleine d'images issues de la forêt, cette forêt profonde, dense, mystérieuse, parfois inquiétante. J'ai toujours aimé, dans les forêts de pins, cette fuite constante de l'horizon. On s'y perdrait en cherchant sans cesse à voir ce qui se cache derrière l'ultime rideau d'arbres. Parfois, un petit ruisseau discret, dissimulé au milieu des mousses et des bruyères, charrie cette terre particulière, l'alios, qui colore son eau…

Alors voir ces images de pins couchés, massacrés, abattus… Quand la forêt landaise aura retrouvé ce profond mystère qui me hante encore, à des milliers de kilomètres de là, je serai sans doute mort depuis longtemps.

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