July 10, 2008
Mon mec ou mon mari ?

Je suis en train de lire le dernier livre d'Armistead Maupin. Il est dédié à "my beloved husband".
Le mot me choque. Exactement comme lorsqu'un copain parle de son mec en disant "mon mari". Bon, si j'ai l'impression qu'il le dit en rigolant, ça passe. Mais si c'est sa façon habituelle de désigner son mec, je trouve ça embarrassant. Un mari, c'est un homme marié à une femme. Un couple peut être constitué de deux hommes, ou de deux femmes, ou même d'un homme et d'une femme (voyez comme je suis libéral !), mais dans un couple, quand il y a un mari, il y a forcément une femme. Comme lorsqu'il y a un époux, il y a une épouse. Ou comme lorsqu'il y a un tenon, il y a une mortaise. Je ne suis pas gêné par quelqu'un qui désigne son mec en disant "mon mec" ou "mon homme" ou "mon Jules". S'il dit "mon compagnon", je trouve ça assez con, même si c'est correct au niveau du vocabulaire. Mais "mon mari…" Je trouve que ça fait pauvre femme, le genre qui dit : "Oh ça, moi je ne sais pas, il faut en parler avec mon mari !" Ou : "Attendez, je vais demander à mon mari…"
Désolé, mais pour moi, un mec qui parle de son mec en l'appelant "mon mari" a une très basse opinion de lui-même. Et de son mari. Je veux bien qu'on obtienne les mêmes droits que les hétéros, mais de là à leur emprunter leur vocabulaire… A quand un couple de mecs (le mari et le mari) qui nous présenteront leur labrador en disant : "C'est Jean-Sébastien, notre fils aîné…" ?
Bon, maintenant, ce joli mec à lunettes n'accepterait de vivre une aventure avec moi qu'à condition que je l'appelle "mon mari", eh bien je le ferais ! Comme quoi, ma rigueur linguistique a ses limites. Elle finit là où commence mon désir.
Hier, je me rendais à St Denis et à la sortie de St Leu, j'ai pris un jeune autostoppeur absolument ravissant. Un jeune mec de 25 ans, maître-nageur-sauveteur de son état, qui venait de s'installer dans notre île (malheureusement avec sa jeune femme enceinte). Il allait récupérer sa voiture, arrivée par bateau, au Port. Bien entendu, j'ai fait un détour pour l'y accompagner. Il était juste trop mignon. En plus, malgré sa chemise à manches longues, j'ai deviné qu'il était très bien foutu. Lovely !
Voilà, c'était mon aventure romantico-sentimentalo-sexuelle du trimestre. C'est vous dire si la Réunion est une île propice aux homos comme une récente campagne de publicité tentait de nous le faire croire !
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie
Commentaires sur Mon mec ou mon mari ? »
Mon mari … et moi adorons nous désigner sous ce terme : il contient une part de provocation qui fait bondir les hétéros. A la caisse du supermarché, mon mec dit à la caissière "aujourd'hui c'est mon mari qui paye" au passant qui pose une question "attendez je demande à mon mari" …avec "ami" ou "compagnon", aucune réaction hétérote : il s'agit de provocation, pas de "soumission", nous sommes deux "maris" et ce n'est pas se rabaisser que d'utiliser, à notre humble avis, ce terme … nous avons trop de potes hétéros chez qui ce terme est naturel et pertinent pour nous en priver, sans vouloir les singer … et quand nous voulons singer les parents nous allons même jusqu'à désigner l'autre sous le doux terme de "papa" ou "maman" comme le font des parents avec leurs mioches. Nous préférons nous affirmer pédés que gays ou homosexuels :
Est-ce grave cher docteur Tapie ??
En toute virile fraternité,
Gérard, mari de Bernard et vice(s) versa (ou recta-l)
quand la caissière du Super U me demande si j'ai la carte du Super U je lui réponds en souriant "Non, c'est ma femme qui l'a, et elle refuse de me la prêter…" et la caissière rigole avec moi. Si je suis accompagné de mon ami et que la caissière me demande si j'ai la carte Super U je ne lui dirai jamais en désignant mon ami "Non, c'est mon mari qui l'a " parce que ça voudrait dire que je me fous de la gueule de la caissière devant les clients qui attendent, et je me foutrai jamais de la gueule d'une caissière qui travaille sans arrêt toute la journée pour un salaire de merde….
Faire d'une "hôtesse de caisse" notre complice dans ce genre de situation est tout le contraire d'un "foutage de gueule" : elle se marre et se joint à notre manège en constatant que ce sont les clients suivants qui sont choqués (à Juan les Pins : mémères à caniche)… Habitués du Leclerc en question, elles s'amusent avec nous et si l'un de nous passe seul en caisse elles demandent souvent "c'est vous ou votre MARI qui paye aujourd'hui"… en quoi s'affirmer peut-il s'apparenter à de la méchanceté ?
Eh oui, Gérard, tu as mis le doigt sur la "grosse" différence : la caissière de Juan-les-Pins n'est pas la même que la caissière du Mont-Gaillard.
Juan-les-Pins, voyons voir….si je me souviens bien, ce n'est pas la ville où tous les retraités vont s'enterrer?
Si tu viens te ballader en ce moment sur la plage ou au bord de la pinède (célèbre pour son Festival de Jazz) tu verras de beaux spécimens assez différents des résidents permanent auxquels tu fais une si légère allusion …
Mais les employés des supermarchés y vivent un stress sans doute assez comparables à ceux du Havre. Et le "turn-over" du personnel laisse penser que le service des mémères est soumis lui aussi à de rudes contraintes … que nos subtilités lexicales (MEC ou MARI) doivent assez peu concerner …
Et au rayon poissonnerie, il y a un mec sur la "grosse" différence duquel, mon mari, ooooops, mon mec et moi mettrions bien la main … Nous allons l'inviter à venir lire Dolko avec nous !!!