February 27, 2008
Mourir de fin ?
Je me rends compte qu'il existe un rapport entre la pauvreté et la faim - en dehors de celui qui veut que la première engendre souvent la seconde -, c'est que ce sont des malheurs qui laissent des traces indélébiles. Au-delà d'une certaine privation de nourriture, certains fonctions organiques s'atténuent, s'étiolent, voire disparaissent. Même si l'on peut manger de nouveau à sa faim, le souvenir de votre faim vous en empêche. Vous avez perdu une partie de votre appétit naturel. Il en est de même pour l'argent. Je me rends compte que je commence à en manquer depuis trop longtemps pour espérer que, si brusquement je redevenais à l'aise, je pourrais me comporter comme auparavant, quand j'avais, non pas de l'argent, mais l'impression d'en avoir. J'ai perdu à jamais, me semble-t-il, une partie de mes envies naturelles
liées à l'argent. Il faudrait qu'il m'en tombe un gros paquet sur la tête, au point de ne plus avoir à compter jamais, pour éradiquer le souvenir de ces quelques années de pauvreté que je viens de traverser, et qui semblent se diriger vers une impasse.
Mais il y a une fonction organique dont je ne serai jamais privé, c'est le goût des beaux garçons. J'apprécie particulièrement celui-ci, subtil mélange de post-adolescence et de pré-maturité. C'est un jeu : tentez de déterminer les parties de sa personne qui appartiennent à l'un ou l'autre état. Bonne chance !
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie
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