February 1, 2008
Pré-mortem 3
La vie et un roman ont ceci en commun que la fin est toujours un moment délicat. Dans la vie, on ne la voit pas toujours venir, sauf lorsqu'on est malade ou lorsqu'on se suicide. Ou encore lorsqu'on est condamné à mort, mais ça devient de plus en plus rare, dieu merci! De toute façon, même dans ces cas-là, on n'y croit guère… J'ai remarqué souvent que lorsque j'écris un roman, la fin me prend par surprise. J'ai l'impression, peu de temps auparavant, qu'il me reste encore quelques pages à écrire, et brusquement, au détour d'une ligne, je me rends compte que ça y est, j'ai atteint le mot fin, il n'y a plus rien à ajouter. Chaque fois, j'éprouve un léger doute : ne s'agit-il pas d'une forme de paresse, ou de lâcheté, qui me ferait prendre l'avant-fin pour la fin ? Et puis je regarde, je soupèse, j'évalue : non, il s'agit bien du mot de la fin.
Bien sûr, comme la vie est infiniment moins bien construite et moins cohérente qu'un roman, on n'est jamais trop sûr. Moi, en ce moment, je me dis des trucs comme : oh, j'aimerais bien savoir si Marion Cotillard décroche l'oscar!… J'aimerais bien savoir quel film aura le César du meilleur film… J'aimerais bien savoir si Delanoë conserve la mairie de Paris et le nain prend une bonne branlée aux municipales… Mais bon, rien de tout cela n'est vraiment essentiel, on n'en finirait pas de vouloir tout savoir
… Même pas de savoir si Nadal remportera un quatrième Roland-Garros successif… Il faut bien tirer le trait un jour ou l'autre, quand on a décidé que ce ne serait pas le hasard qui crierait "Coupez!"
J'aime bien le côté doux et rêveur de ce garçon viril et musclé…
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie
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