January 25, 2009

Supporters et amateurs

J'aime les amateurs de sport, je n'aime pas les supporters. Les premiers aiment le sport, les seconds s'intéressent aux sportifs. Ces derniers s'en fichent si le jeu est mauvais, si le match est poussif, si la partie est truquée, à partir du moment où leur champion ou leur équipe gagne. Moi, quand je supporte un joueur, j'essaie quand même de rester objectif - ou en tout cas, le moins injuste possible. Quand Nadal perd, en général c'est qu'il ne méritait pas de gagner, et je le reconnais. Ca me coûte, surtout s'il est battu par un joueur que je n'aime pas, mais je me dis : bon, mon vieux, t'avais qu'à te bouger davantage, et puis c'est tout !

A l'Australian Open, il y a des amateurs de tennis, mais aussi beaucoup de supporters. Ca crie, ça invective, ça chahute sec dans les tribunes. Je n'aime pas trop. J'ai horreur de l'ambiance Coupe Davis, où le public chauvin va jusqu'à applaudir les doubles fautes. L'autre jour, deux groupes de supporters sont allés jusqu'au bout : ils se sont mis sur la gueule. Heureusement que ce n'était que du tennis : à un match de foot, ils se seraient éventrés. Finalement, dommage, ça aurait fait quelques cons de moins, c'est toujours ça de gagné ! Moi, je suis partisan, avant certains matches de foot, d'enfermer les supporters fanatiques de l'une et l'autre équipe dans le stade et de les laisser s'étriper. On ferme les portes et on attend. Puis on nettoie et on joue, dans une ambiance bon enfant.

Hier soir, je regardais un film intitulé "My Blueberry Nights". A un moment, on entend une musique. Je me dis : c'est dingue comme ça me rappelle "In the mood for love". Pour une bonne raison : c'était un film de Wong Kar Wai. J'aime bien les réalisateurs qui ont une signature sonore de leurs films. C'est mon côté proustien. Du coup, j'ai regardé le film avec un peu de la nostalgie que m'inspire toujours "In the mood". C'était un beau film, d'ailleurs. Un road moovie assez statique, mais dans le sens apaisé, pas dans le sens apathique. Avec le délicieux Jude Law, la troublante Rachel Weisz, ainsi que Norah Jones, Nathalie Portman et David Straithurn (désolé si j'écorche ton nom, David…).

Bon, à part ça, le supporteur qui cohabite avec l'amateur en moi espére que Nadalito va battre Gonzalez pour affronter Gilles Simon en quart. Mais s'il perd, je m'engage à ne pas chercher à tabasser un Chilien. De toute façon, un Chilien, à la Réunion… Ca ne court pas les rues, surtout aujourd'hui, avec le nouvel an chinois, on a les tympas crevés par les pétards…

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