November 1, 2009

Vite, un Ruban Blanc pour me pendre !

Hier, avec Manu, on est allés voir Le Ruban Blanc d'Haneke. Encore une supercherie signée par le Komité de la Kultur Prussienne. Evidemment, les journaux en rajoutent, comme s'ils n'avaient jamais vu ça. Sublime ! Un chef d'oeuvre ! C'est vrai qu'on n'avait jamais vu ça? Depuis Bergmann. Mais chez Bergmann, au moins, il y avait de la joie, de la beauté. Là, tout le monde est laid, triste, chiant. Il n'y a que ceux qui meurent que l'on envie, parce que pour eux c'est fini, ils ont enfin la paix. Même les acteurs qui jouent le rôle du mec qui meurt doivent être soulagés d'en avoir fini. Mais franchement, il n'y a qu'à regarder la tronche de Haneke : on voit bien que c'est un mec qui a choisi de faire le Mal. Jack l'Eventreur, c'était avec un couteau; Francis Lalanne avec une guitare; Eric Besson avec un avion pour Kaboul. Haneke, lui, a choisi une caméra, et il y arrive fort bien. Son cinéma est aussi triste et emmerdant que lui. On a l'impression d'avoir vu cette histoire cent fois. Cent fois de suite. Comme elle se déroule juste avant la première guerre mondiale, on nous dit qu'elle préfigure la deuxième guerre mondiale. Non, elle ne la préfigure pas, elle la précède, question de calendrier, et c'est tout. Pour moi, ce film s'est divisé en trois parties : pendant la première, j'ai eu faim; pendant la deuxième, j'ai eu sommeil; pendant la troisième, j'étais trop abattu pour ressentir des sensations aussi basiques que la faim et le sommeil. J'avais juste envie de mourir. On lira bientôt ça dans les journaux : "L'homme s'est donné la mort volontairement, on a retrouvé le DVD d'un film d'Haneke dans le lecteur, l'homme l'avait regardé jusqu'au bout, son visage disait sa souffrance, on a préféré ne pas montrer le corps à la famille…"
Gardez vos 9 euros et allez voir Departures.

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